
Les hirondelles du respectđ¶đđ¶
Piano, rap, voix féminine grave

Les hirondelles du respectđ¶đđ¶
Piano, rap, voix féminine grave
Lyrics
Un homme marchait sur un chemin de terre,
Le front soucieux, le regard sévÚre.
Il portait un nom lourd, un titre de maĂźtre,
Et croyait que le monde devait le reconnaĂźtre.
Il exigeait la courbette, le « Monsieur » tremblant,
Et son cĆur, peu Ă peu, devenait de granit blanc.
Un jour de printemps, sous un ciel de Provence,
Il vit un vieil artisan, penché sur sa semblance.
Lâhomme façonnait, avec des doigts habiles,
Des hirondelles dâargile, fragiles et agiles.
« Pourquoi ce labeur pour de vils oiseaux ? »
Dit le notable, méprisant et haut.
Le vieux leva les yeux, un sourire tranquille :
« Ces hirondelles, voyez-vous, ne sont pas si viles.
Elles reviennent chaque année, fidÚles au lieu,
Sans quâon les appelle, par un simple aveu.
Elles ne demandent ni palais, ni richesse,
Mais un peu de paille, et beaucoup de tendresse.
Le respect, monsieur, nâest pas dans lâordre criĂ©,
Il se construit, comme ce nid, patiemment lié. »
Le notable resta silencieux, troublé.
Il regarda les mains du vieux, toutes sillonnées,
Travaillant la terre avec humilité.
Il vit les hirondelles, dans leur légÚreté,
Et comprit soudain la vanité de ses titres,
Face à cette sagesse, simple et sans éclat luire.
Il rentra chez lui, la tĂȘte moins orgueilleuse.
Il croisa son valet, dâhabitude peureux.
Au lieu dâun ordre sec, il eut un mot courtois.
LâĂ©tonnement fut grand, dans la maison Ă©troite.
Peu à peu, il écouta, au lieu de commander.
Il apprit le nom des gens, sans les juger.
Il nâacheta pas de chĂąteau plus vaste,
Mais offrit un toit Ă lâartisan, moins las.
Et quand vint lâautomne, aux premiers frimas,
Une hirondelle, Ă©garĂ©e, vint Ă sa fenĂȘtre.
Elle ne resta pas, câĂ©tait trop tard peut-ĂȘtre,
Mais sur le rebord, comme un message secret,
Elle avait laissĂ© une petite boue dâargile, en effet.
Lâhomme, dĂ©sormais, ne se vante plus guĂšre.
Il sait que le respect est un nid dâhirondelle :
Cela ne sâexige pas, ne se prend, ne sâachĂšte.
Cela sâattire, avec douceur, et se mĂ©rite.
Il vole librement, vers les cĆurs sincĂšres,
Et revient chaque printemps, dans les regards clairs.
Ainsi va la vie, pour qui veut comprendre :
Les plus grands honneurs sont ceux quâon sait rendre.
Et les hirondelles, dans leur vol gracieux,
Nous enseignent la loi du respect précieux.
