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🩵💕 TIBET. V. Segalen by PatRixx (R2) (1.12x)

synthwave, female vocals, rap

PatRixx·7:59

Lyrics

Intro]

Prechorus

Terre ! terre !

Surhaussement du continent plus que lui-même.

Roi, se couronnant sur ton pouvoir.

A travers lui les vassaux vont et viennent, mouvant diadème,

Chorus

Portant la rançon de leurs savoirs.

Ceux qui s'élancent sur des pieds à sabots griffus de démons ;

Les filles qui marchent d'un bond libre,

Et ces longs serpents de tes eaux, nés du plus pur jet de tes monts,

Verse

Grands fleuves cherchant leur équilibre,

A travers gorges et ressauts sautant, roulant, fluant, bavant,

-Ils mènent leur course à l'embouchure,

La vasque finale dissoute

en son déhanché décevant :

Bridge

Chorus

La mer hydropique bavochure,

La mer sans monts, la mer sans front, la cuve d'ennui gris de plomb!

-Qui danse comme ours en ses marées.

Prodige,la voici par toi, à tes pieds grimpante,

halée.

Verse

La mer pérégrine à ton aplomb

Elle se courbe, elle est en route en son esclavage éphélide

Vers toi, véhément dans le solide.

Par le voyage de la vie en caravane personnelle,

Exploratrice du temps blanc,

Par les étapes et le gîte en cette aventure charnelle

Breakdown

Verse

Par les déduits les plus accablants,

Il y a ces abandonnés jetés aux heures éternelles,.

Instants d'une extase sans remords.

J'ai vu mieux et de mes yeux

vu cinquante grands

yaks aux yeux morts.

Rochers asséchant

que l'eau,

abreuve.

Blocs sinistres et fruits du froid saisis

dans l'étreinte du sort.

Bridge

Chorus

Cinquante incrustés dedans

le Fleuve ayant voulu le traverser

ils furent pris avant le port.

Têtes si belles à grandes cornes,

Cinquante mufles desséchés et pleins

de vide et creux de mort

Interlude

Verse

Mais plus épouvantable de morne.

J'ai contemplé de tous mes yeux trop tremblants d'un rude soupçon

Ce moine gelé, bloc irascible.

Délaissé là par ses conjoints

avant l'agonie impossible.

Verse

J'ai vu l'homme vif

pris au glaçon.

Quel homme eût sculpté cet effort?

Quel être-dieu eût ébauché

Ce corps innombrable et sans-figure ?

Ils sont là tous, taillant, rodant

et ravalant à leurs carrures,

Chorus

le trop-plein du bloc bien retouché.

Ces bons potiers qui tournent,

tournent leurs jolis dieux comme des pots.

Enfants bégayant de leurs mains grises,

coulant sans rire un masque en pleurs et sous le galbe d'un suppôt.

Refaisant toujours la forme apprise,

ces artisans n'osant pas plus

que simuler le bon vivant.

Et travaillent non pas sur eux-mêmes.

Mais toi,

Tibet, tu t'es pétri, levé du plus fort de toi-même.

Héros terrassier émouvant,

non point potier mais poète,

et non artisan mais poème.

Non point du dehors

mais du dedans,

Dieu statuaire et dieu surgi,

ciseau et feu et roc ardent.

tu fis ta médaille planétaire,

ton propre grand œuvre dressé à ta devise escaladant :"montagnes, sculpture de la terre."

Tout le village s'est levé, en joie,

en proie à l'aventure :

Ils vont divisant l'espace ami

La tête haute sur le ciel sillé de leur désinvolture

Ils marchent et moi vers le Mont Omi,

Ils ont paré leurs beaux habits tués de neuf de l'azalée

Qui fête la plus grande en nallée

Ils fleurent la bête cousue, ils me flairent

en bondissant

Drop

Fade In

Sans voir,

je regarde

ces passants.

Lestes et gais et bons parleurs,

hommes rouges, femmes turquoises.

Leurs jambes, vives reines du bond.

Leurs pendeloques ondulant dans une mine si courtoise

Bridge

Ces airs de souverains vagabonds.

O Fille si vite envolée

Espoir d'une étape harassée.

Gazelle forte au harnais bleu ah ! ce n'est ce regard d'élan,

Ni rut

ou même étreinte mystique.

De grâce ô marcheuse implorée, un coup d'épaule.

A ton élan!

Monter de ce grand pas élastique

Dans la rumeur

et le brouillard gris,

dans la honte en cotonnée,

terreuse et sordide.

J'invoque ton immense parure

Pendeloques de beau métal et de pierres faites de toi

Verse

Couvrant le sein de la pérégrine

Fille cuirassée d'argent, couronne parée, diadème et manteau bien serti

Tibet, déesse en cabo chauné

Je te soupèse et je te ris en marchand du

"Ladak" bavant sur sa proie qui reluit,

Fade out

Mais bien plus avarement que lui,

Je tiens à deux mes richesses : tes métaux et tes pierres... tes monts et lacs et roches...

Que jamais plus désormais

On ne puisse penser à toi ni prononcer le cri de "Tibet"!

Sans entendre parmi l'oreille

L'impitoyable cliquètement de cette parure orfévrée

Outro

La séquelle de mes mots précieux,

Fille de la force,

fille des monts,

maîtresse d'un corps épuisé,

Fatigue. voici l'heure enivrée.

Que le chanteur hindou et noir

distille son herbe poivrée.

Fade Out

Liquide pieux, brûlant, rusé,

Offert, offrant et poison dieu

et pétillante girandole,

Je bois la fatigue mon idole.

[END].

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