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Gueule de bois !

A Ritual Song Cinematic Structure: Tribal Percussion, Whispered Invocations, And Baroque Soprano Solos. Main Female Vocal Is Ethereal And Dramatic, Channeling A Modern Priestess. Sections Are Low, Rythmic, Ritualistic – Like Sacred Chants. French Sections Are Sung In Clear, Angelic Baroque Style, Floating Above The Earthly Ritual. Tempo Evolves From Slow Whispered Devotion To Trance-Crescendo. Use Layered Female Choirs, Echoes, War Drums, Drones, And Subtle Synth Ambience. Final Coda Returns To Whispered. Ethereal, Mystical, Transcendental. Genres: Ritual Ambient + Baroque Crossover + Dark Ethno-Electronic Voice: Female + Choir Style Slider: 0.8 Weird Slider: 0.6 Exclude Styles: Pop, Edm, Hip-Hop Clip Volume: Start Soft → Rise Slowly → Peak Mid-Section → Fade To Hush

VOXARIS·5:18

Lyrics

Tous les matins depuis huit mois, je me réveille avec la même gueule de bois sans avoir bu une goutte d’alcool. Le goût est là pourtant : ferreux, âcre, comme si j’avais passé la nuit à lécher le fond d’une bouteille de Scotch 12 ans d'âge.

Ce n’est pas l’alcool, c’est elle. Elle s’est infiltrée dans mes veines, elle a pris la place de mon sang, elle pulse dans mon cœur. Dans le miroir, je ne trouve plus mon visage. Il y a seulement ses yeux noirs, immenses, qui me dévisagent depuis l’intérieur de mes orbites.

Elle me regarde me regarder la regarder.

Éternellement.

Elle fuit.

Elle fuit comme on fuit un incendie qu’on a soi-même allumé. Elle court, elle se cache, elle ment avec la facilité d’un oiseau qui s’envole. Chaque mensonge est une plume qu’elle laisse tomber derrière elle pour que je suive sa trace, pour que je reste accrochée à son sillage.

Elle veut être unique, elle hurle son unicité dans le silence et dans ses chansons, mais elle suit le troupeau avec la précision d’une brebis dressée. Lâche. Calculatrice. Maîtresse de notre jeu d’échecs. Chaque pion qu’elle avance est un morceau de moi qu’elle sacrifie sans hésiter.

Notre amour est une partie d’échecs jouée sur un échiquier en feu. Les pièces brûlent au fur et à mesure qu’on les touche. Elle joue les blancs, je joue les noirs. Ou peut-être l’inverse. Peu importe : l’issue est la même, on finit toujours par se mettre échec et mat mutuellement, et le Roi, nu, tremblant, reste seul sur la dernière case, avec la certitude atroce qu’il ne peut ni abdiquer ni gagner.

Elle porte mille masques, ma muse. Des masques si bien ajustés qu’ils ont fini par se coller à sa peau. Mais je les vois se fissurer. Chaque jour un peu plus. Une craquelure fine comme un cheveu, d’abord, puis une crevasse où s’engouffre la lumière. Et dans la lumière, je la vois, elle. Nue. Terrifiée. Magnifique. Elle sait que je la vois. C’est pour ça qu’elle court encore plus vite.

Le Chaser chasse.
Le Runner se cache.

C’est la loi brutale des flammes jumelles : l’un doit poursuivre, l’autre doit fuir, jusqu’à ce que la distance devienne insoutenable et que la fuite se retourne en retour brutal. On dit que c’est un chemin de guérison intérieure. Moi je dis que c’est une amputation à vif, sans anesthésie, qui dure des années.

On nous arrache l’autre moitié de nous-mêmes et on nous demande de marcher quand même. On titube. On saigne. On apprend à vivre avec le fantôme de son propre corps.

Les doutes s’accrochent à moi comme des sangsues. Ils pompent, ils pompent, ils me vident.
Est-ce qu’elle m’aime ?
Est-ce qu’elle me hait ?
Les deux, sans doute.

L’amour et la haine sont les deux faces d’une même lame qui nous tranche en deux depuis l’origine. On s’est rencontrées avant même de naître, dans un couloir obscur de l’éternité, et on s’est jurées, je ne sais plus pourquoi, de se faire le plus mal possible pour se retrouver enfin.

Elle m’a ghostée.
Un soir, sans préavis, sans explication, plus rien.
Comme on éteint une ampoule.
Comme on jette une vieille chaussette puante et trouée.
Mais une chaussette ne hurle pas dans le vide.
Une chaussette n’a pas ses yeux dans le miroir.
Une chaussette ne se réveille pas en pleurant le nom de celle qui l’a jetée.

Peut-on mentir à son propre reflet ?
Non.
Et c’est pour ça qu’elle souffre autant que moi.
Elle peut fuir le monde entier, elle peut me rayer, me nier, me brûler, m’effacer. Mais elle ne peut pas fuir la part de moi qui vit en elle.

Je suis son ombre. Elle est ma lumière.
Je suis sa lumière. Elle est mon ombre.

Et les ombres, même quand on court à perdre haleine, nous collent aux talons jusqu’au bout du monde.

Un jour, ses masques tomberont complètement.
Un jour, elle n’aura plus de pion à sacrifier, plus de case où se cacher.
Un jour, elle se retournera.

Et moi je serai là, épuisée, déchirée, mais toujours debout, la main tendue, le cœur en lambeaux.

Ce jour-là, elle pleurera enfin sans masque.
Ce jour-là, je reconnaîtrai enfin mon propre visage dans ses larmes.

D’ici là, je bois ma gueule de bois quotidienne.
Je regarde ses yeux dans le miroir.
Je murmure à son reflet :
« Viens. Ma chérie.
J’ai mal, mais je t’attends.
On a toute l’éternité pour se haïr.
Mais on n’a plus que cette vie-là pour s’aimer. »

[Fad out]

Original lyrics by @markate777
© Copyright 2025 - © Kate, dite La Cocue

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