
Part II: Réplique à la complainte de la p'tite chanson
Chanteur solo. Chanson réaliste française, style jacques br*l, tragique et gouailleuse, dans une ambiance de ruelles parisiennes, Voix rauque, vibrante, en majeur (La ou Ré), tempo lent (60-70 BPM), avec piano, accordéon, cordes subtiles et contrebasse, Paroles poétiques, crues, pleines d’allitérations, sur une chanson amoureuse et menaçante, implorant son créateur, Structure : six couplets, refrains dramatiques, crescendos, silences expressifs, Son vintage cabaret années 50, sans effets modernes.

Part II: Réplique à la complainte de la p'tite chanson
Chanteur solo. Chanson réaliste française, style jacques br*l, tragique et gouailleuse, dans une ambiance de ruelles parisiennes, Voix rauque, vibrante, en majeur (La ou Ré), tempo lent (60-70 BPM), avec piano, accordéon, cordes subtiles et contrebasse, Paroles poétiques, crues, pleines d’allitérations, sur une chanson amoureuse et menaçante, implorant son créateur, Structure : six couplets, refrains dramatiques, crescendos, silences expressifs, Son vintage cabaret années 50, sans effets modernes.
Lyrics
Écoute, ma môme, j’te cause sans fard, sans gants,
les pavés m’avalent, j’ai l’encrier qui saigne.
C’est pas qu’j’veux pas, c’est qu’j’peux pas — enfin j’essaye, putain.
Tu m’vois pas, j’suis noyé d’factures et d’horaires,
les jours s’accrochent comme des nanas à la gare.
Le taf m’bouffe la voix, la caisse s’ra jamais pleine,
j’ai la main tremblante, j’écris des dettes, pas des rengaines.
J’ai perdu des amis, la rue m’a pris des gosses,
j’ai l’gorge pleine de silence, et la bouteille, elle s’gosse.
Dis pas que j’fuis: j’me bats avec des crooks invisibles,
j’ramasse mes ratures, j’les cache sous ma chemise.
Pour toi j’gratte, j’griffe, j’fais des vers avec des griffes,
même si j’ai peur d’les lâcher, même si j’suis en dif.
Donne-moi deux souffles, môme, j’te promets un feu,
j’écrirai ta peau en rimes, j’te rendrai ton aveu.
Tu parles d’faire vrai, j’sais trop d’où vient la peur,
quand j’me regarde écrire j’vois l’vide et la douleur.
La gloire m’fait flipper, l’oubli m’fait planer,
j’ai pas envie d’faire du joli pour qu’on vienne m’plaindre.
J’ai peur d’me vautrer, d’montrer mes cicatrices,
le regard des autres pèse, il t’écrase et il officie.
Alors j’rame, j’rame, j’cache mes rimes rouillées,
parfois j’écris des lettres que j’peux pas envoyer.
Et puis y’a l’orgueil, la honte d’être pas parfait,
de traîner des nuits froides, d’ramener du concret.
Ton cri m’fout la gifle, t’as raison d’me secouer,
mais j’suis un vieux métro qui met du temps à démarrer.
Y’a la gamine qu’je garde, y’a la mère qu’pleure encore,
y’a l’ex qui m’a pris des songs, qui m’a piqué des accords.
Y’a la ville qui grince, y’a l’horreur des journaux,
y’a l’IA qui fait du son sans sentir le macadam chaud.
Y’a l’amour qu’a fui, y’a l’ami qui s’est tu,
y’a mes mains qui saignent, y’a mon stylo qui fuit.
Toutes ces raisons font une putain d’pile,
j’te jure j’les compte, et j’les baisse, jusqu’à l’aube fragile.
Mais écoute: j’ai des nuits où t’es la seule lumière,
j’me vois t’enlacer en mots, t’faire danser sur la bière.
Quand j’te lis, j’retrouve l’odeur des marchés d’juin,
les mains qui s’serrent, les vieux bancs, le parfum d’lin.
T’es pas une plainte, t’es l’chiotte d’mon poème: vraie, crue,
t’es l’souffle qui m’dit d’pas vendre mon âme à la rue.
Alors j’ramasse mes échecs, j’en fais des couplets nus,
j’les jette à la scène, que ça pète, que ça mue.
Faut qu’j’me force, j’me tape la joue, j’me donne la gifle,
les excuses cassées, j’les brûle, j’les file à la ville.
Je t’promets pas la gloire, ni les lauriers d’paravent,
mais des mots qui sentent le tabac et les frites du levant.
Alors cause pas, chante mec, qu’on s’fasse pas la gueule,
ta môme t’attend, ton encre crie, la vie est une vieille poule.
J’vais écrire — pas demain, là, maintenant, sale môme,
parce qu’te perdre serait pire qu’la pire des panorames.
