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Agoraphobe

Style: Industrial orchestral, dark ambient A mid-tempo track that gradually increases in intensity without screams or release. The mood is insistent, oppressive, and ghost-like, as if a restrained presence keeps pressing inward. Bowed cello and double bass form a continuous, pressurized base, fused with low industrial drones, mechanical hums, and slow, breathing metallic pulses. Violins appear almost exclusively in sharp, obsessive staccato patterns, cold and repetitive. Subtle but clear industrial textures — processed friction, distant impacts, muted machinery — are embedded into the orchestral mass, never aggressive. Sparse, eerie chime and bell-like tones punctuate the piece, slightly detuned, blurring the line between dream and reality. The structure is hypnotic and circular, tension built through accumulation. The ending remains suspended and unresolved.

Morhuine·5:56

Lyrics

à l’éphémère aurore à l’orange et l’opale

où le diffus rayon s’éternise au levant

que s'embrume la lune en son croissant bleu pâle

je suis le somnambule au rêve de l’instant

alors que l’aube avance au fil de sa diaprure

que l’ombre en ma demeure asservit le salon

mes yeux gris saisissent la courbe claire-obscure

où se forme le flou de ce subtil galon

dévorant du regard cette ligne hypnotique

me vient le souvenir de mon corps au soleil

de ce passé lointain à l’allure erratique

je ne vois que souffrance et délire vermeil

lueur blanche à l’écrin étouffant dans la rue

comme un pantin d’albâtre aux cimes de l’effroi

suspendu par le fil de l’angoisse ventrue

rouge carmin ma peur se déchire au beffroi

et la foule s’entasse à la cendre à la suie

à la rouille abrasive à la vive obsession

je m’empale et me noie aux javelots de pluie

un cyclone infernal d’intime révulsion

une flaque de bourbe engloutit l’âpre sable

de ma gorge polie en grains de sel amer

agrégat d’une mousse écume intarissable

un relent incessant qui chancelle la mer

cette ronde spectrale et leurs mains d’abordage

rétrécissent le ciel en un étroit tunnel

noir et nuit est ce gouffre à l’abri du cordage

où se pend la raison d’un mal irrationnel

je suis le point de chute ancré par ce vertige

en rupture aux fragments partout et tout autour

une lutte à mon cœur le sommet du vestige

de la ruine au ravin la serre d’un vautour

rapace en précipice au bord de la falaise

je vole au vent des flots foudroyant le récif

irisé de couleurs en reflet du malaise

l’éclair lézarde cyan au zèbre argent et vif

les ailes s’abrasent sur l’eau de pierre ponce

d’une gerbe d’eau verte explose le fourreau

que forme mon plumage opalin en quinconce

et la vague m’étreint tel l’acier du bourreau

je plane dans l’abîme intime effervescence

et mes doigts de méduse absorbent la lueur

des poissons de l’abysse et leur fluorescence

un charognard ardent sur les fonds de torpeur

gisant sur le limon du puits au candélabre

ma lumière jaunâtre oscille lentement

se bercent les remous du vivant du macabre

qu’engloutit l’océan au gré de mon tourment

mon esprit s’agglutine en fine bulle avide

à ce temps dérisoire au chemin absolu

je fus le calme froid la chair la mort le vide

un contenant de rien dans un tout dissolu

de la petite goutte aux mille multitudes

d’oxygène et de sang, mon être en plein effort

s’oppose à l’Archimède et brise ses études

pour s’évader enfin des bras de l’inconfort

céphalée en tambour vrombissant dans le crâne

mes pupilles s’enfuient vers un bref avenir

un retour au réel déchirant sa membrane

je me presse à mes pieds, ne peux me contenir

à la hâte à la hâte à la marche effrénée

et ce rythme entraînant que déroulent mes pas

de un puis l’autre et trois en comptine égrenée

des jambes de cigogne élancent mes compas

de l’air à pleins poumons un retour en tempête

les routes s’effacent aux vents de l’ouragan

le grand Éole abat le cor de la conquête

expulsant la phobie où trône Léviathan

j’arrive à l’estuaire ouvert en péninsule

mes lèvres murmurent victoire à la Pyrrhus

le voici mon venin ma très chère capsule

ma maison, ma prison ma coutume et mes us

je suis le funambule un prince équilibriste

le jadis et présent se mêlent en essaim

dans mon grouillant cerveau sirupeux d’archiviste

le glouton mémoriel dans un néant de faim

et puis je me balance au son du violoncelle

que fait le grincement de tout ce baratin

le miroir de la vitre absorbe l’étincelle

que forme le halo blanc et d’or du matin

à l’éphémère aurore à l’orange et l’opale

que se flétrit mon âge au crépuscule autel

le songe disparaît dans un dernier dédale

je suis le doux rêveur d’un périple mortel

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