
Je parle aux silences
Rap poétique, poetry slam, piano, cello, transe vocal

Je parle aux silences
Rap poétique, poetry slam, piano, cello, transe vocal
Lyrics
@Ombaliz / Michel Laks / tous droits réservés
Une chanson sur la solitude, inspirée d'une de mes patientes, qui se sent seule
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J'dors pas
Il est tard, il fait froid,
Et moi, je parle au silence comme on parle à Dieu parfois.
À qui d'autre confier mes éclats,
Mes morceaux de moi, éparpillés dans la nuit, sans choix ?
J’ai des souvenirs usés au fond des poches,
Des sourires d’antan qu’le temps a rendus, roches,
Des rires d’amis qu’le vent a emportés,
Comme des feuilles mortes que j’ai pas su rattraper.
Avant, y’avait des mains, des bras qui m'attendaient,
Des regards qui cherchaient les miens pour pas sombrer,
Aujourd'hui, c’est des écrans, des "on se capte", des "bientôt",
Des promesses jetées comme des bouteilles dans les flots.
Je cherche une voix, dans la foule sans visage,
Je cherche une main, dans l'océan des mirages,
Je cherche un regard, une épaule, un lien,
Je cherche un ami, quelque part, loin.
J'ai vu mes amis partir, un par un, sans fracas,
La vie les a happés dans ses engrenages sournois,
Un boulot, une famille, un déménagement,
Et moi, planté là, fantôme de leurs serments.
Je marche seul dans les rues saturées d’indifférence,
Je croise des gens pressés, des fantômes en errance,
On vit collés, compressés, mais plus personne se touche,
On s’éloigne en souriant, et le cœur reste souche.
Parfois je m’assois sur un banc, je fais semblant d’attendre,
Un bus, un miracle, ou juste qu’on vienne me comprendre,
Le monde tourbillonne et moi je reste figé,
Un pion oublié sur un échiquier abandonné.
Je cherche une voix, dans la foule sans visage,
Je cherche une main, dans l'océan des mirages,
Je cherche un regard, une épaule, un lien,
Je cherche un ami, quelque part, loin...
Y’a ces repas de famille où les chaises sont pleines,
Mais les âmes sont vides, lointaines, incertaines,
Où tout s’achète, tout se vend, où même l’amour se monnaie,
Et moi, dans un coin, j'finis mon Chardonnay.
Il me manque des voix, des odeurs, des présences,
Ces petits riens qui forgeaient mon existence,
Des regards complices au-dessus d'un verre,
Des éclats de rire qu'on balançait en l'air.
Aujourd'hui je fais des listes pour pas oublier,
L'anniversaire de Paul, le mariage de Léa,
Mais quand j'me dis "Appeler quelqu'un",
Je sais même plus qui, cruel destin.
Les jours passent comme des trains que je rate,
Chaque matin une gare, chaque soir une claque,
Et le lit est trop grand, et le silence trop lourd,
Et je me demande souvent : "C'était quand, mon dernier amour ?"
Y'a eu des messages sans réponse,
Des "comment tu vas ?" noyés dans l'absence,
Des mains tendues vers des murs,
Et des cœurs qu’on croit forts mais qui pleurent à l’usure.
Je cherche une voix, dans la foule sans visage,
Je cherche une main, dans l'océan des mirages,
Je cherche un regard, une épaule, un lien,
Je cherche un ami, quelque part, loin.
Demain , peut être , je saurai , je saurai quoi ?
Entendre une parole amicale, comme autrefois.
Peut-être pas... Peut-être juste vivre,
Avancer, même seul, même ivre.
Ivre de manques, de visages effacés,
De souvenirs qui s’effilochent sans crier,
Ivre de tendresse qu’on donne sans retour,
De ces espoirs muets qui s’usent jour après jour.
Je slam ma solitude, ma compagne fidèle,
À défaut d’amis, elle me tend ses ailes,
Pas pour voler, non, juste pour tomber moins fort,
Pour étreindre mes silences et recueillir mes torts.
Je cherche un regard, une épaule, un lien,
Je cherche un ami, quelque part, loin.
