
Cette nuit, j’ai fait un cauchemar.
dreamy, electronic layers with pulsating basslines and shimmering synths, psychedelic, mixte voice

Cette nuit, j’ai fait un cauchemar.
dreamy, electronic layers with pulsating basslines and shimmering synths, psychedelic, mixte voice
Lyrics
Cette nuit, j’ai fait un cauchemar.
Je dis “cauchemar”…
mais tout était calme.
Trop calme.
Cette nuit,
j’ai fait
un cauchemar.
Je marchais dans les rues.
Lentement.
Je cherchais les SDF.
Pas pour sauver le monde.
Juste pour être là.
Ils avaient disparu.
Tous.
Plus de corps fatigués.
Plus de cartons.
Plus de froid sur les visages.
Ils avaient un toit.
Un lit.
De la chaleur.
Le minimum pour rester humain.
Cette nuit,
j’ai fait
un cauchemar.
Je continuais d’avancer.
France Travail avait disparu.
Effacé.
Plus de dossiers.
Plus de files d’attente.
Plus de vies suspendues à un courrier.
Il y avait du travail pour tous.
Un travail qui ne détruit pas.
Un travail qui ne vole pas l’âme.
Cette nuit,
j’ai fait
un cauchemar.
J’ai allumé la télévision.
Pour voir la guerre.
Mais l’écran était vide.
Aucune ville en feu.
Aucun enfant sous les décombres.
Les peuples se tenaient la main.
Pas pour la photo.
Par épuisement.
Par sagesse.
Cette nuit,
j’ai fait
un cauchemar.
On cherchait les homophobes.
Pour les provoquer.
Pour rire, peut-être.
Mais ils n’existaient plus.
Les corps aimaient librement.
Sans peur.
Sans se cacher.
Sans demander pardon.
Cette nuit,
j’ai fait
un cauchemar.
On cherchait les racistes.
Introuvables.
Les couleurs se mélangeaient.
Les voix aussi.
Personne au-dessus.
Personne en dessous.
Cette nuit,
j’ai fait
un cauchemar.
Les mots impôts…
taxes…
avaient disparu.
Les États savaient compter.
Partager.
Protéger.
L’argent ne décidait plus
qui mérite de vivre.
Cette nuit,
j’ai fait
un cauchemar.
La Terre allait bien.
Pas de feu.
Pas d’eau qui engloutit.
Pas de ciel en colère.
Le vivant respirait.
Cette nuit,
j’ai fait
un cauchemar.
Les prisons étaient vides.
Transformées.
Hôpitaux.
Maisons de retraite.
Universités.
La violence
n’avait plus d’endroit où naître.
Les gens étaient gentils.
Honnêtes.
Justes.
Cette nuit,
j’ai rêvé
que ma sœur
était assise dans le fauteuil.
Dans mon salon.
On buvait un café.
On parlait de rien.
On riait.
Doucement.
Puis je me suis réveillée.
Et j’ai compris
que tout ça
n’était qu’un cauchemar.
Parce que ma sœur…
je l’ai retrouvée
une nuit
pendue
au bout d’une corde.
Putain de monde.
Monde pourri.
Pourquoi
tu me l’as enlevée.
Pourquoi
tu me l’as enlevée.
Monde pourri.
Pourquoi…
tu me l’as enlevée.
Monde pourri.
Pourquoi…
Pourquoi…
pourquoi.
