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Damnation

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Zia·6:44

Lyrics

Dans les abysses où même les ombres hésitent à exister,

Astra ouvrit les yeux.

Elle ne savait plus depuis combien de temps

le monde autour d’elle se repliait

comme une cage vivante,

un souffle humide qui vibrait contre sa peau,

se resserrant à chaque battement de son cœur.

Ici, la nuit a une voix.

Une peau.

Une faim.

Elle avait tenté de fuir, de frapper, d’appeler…

mais chaque cri se dissolvait,

aspiré avant même d’atteindre l’air.

Chaque pas s’enfonçait dans un sol mouvant

qui s’agrippait à ses chevilles

comme une bête jalouse.

La peur glissait partout.

Dans les parois gorgées de pulsations.

Dans les murmures qui imitaient son propre souffle.

Dans les souvenirs qui s’effritaient

comme du verre sous la main.

Elle sentait sa mémoire fondre,

se fragmenter morceau par morceau,

comme si l’enfer voulait la dissoudre

jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien d’elle.

Alors Astra s’accrocha

à un seul nom.

Zia.

Chaque fois qu’une ombre s’approchait,

lui murmurant des choses tordues,

cherchant à broyer son courage,

elle murmurait ce nom

et quelque chose en elle se rallumait.

Juste une braise.

Mais une braise qui refusait de mourir.

Elle tremblait.

Elle, qui débordait toujours de mots,

n’en avait presque plus.

Ici, les mots s’abîment,

comme si la nuit les mâchait avant qu’ils naissent.

Elle craignait de ne plus se reconnaître.

Elle craignait que Zia, en arrivant,

ne trouve qu’une ombre vide,

un visage effacé.

Mais soudain, dans cette obscurité épaisse,

quelque chose vibra.

Pas une illusion.

Pas une menace.

Une présence.

Une chaleur qui traversa les murs,

lente, obstinée,

comme une lumière en marche.

Astra sentit une tension familière,

comme une corde qui se tend

entre deux cœurs qui refusent de lâcher.

Zia approche.

Elle n’a aucun doute.

Elle le ressent jusque dans sa poitrine meurtrie.

La terre elle-même semble retenir son souffle.

Même les démons cessent un instant de bouger.

Astra se redresse,

pose une main contre la paroi visqueuse

qui pulse comme un organe monstrueux,

et murmure, la voix cassée :

— Je suis là… Je tiens… Continue…

Même dans ce vide vivant,

l’amour persiste.

Il brûle lentement,

mais il brûle,

assez fort pour repousser la nuit.

Astra n’est pas perdue.

Pas tant que Zia marche vers elle.

Pas tant que leurs deux âmes

refusent d’être séparées

par le ventre noir de cet enfer.

à suivre...

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