
PART I: L'AMOUR GELE - LOUISE ET ADRIEN
A dramatic spoken word piece with a male voice, accompanied by a string orchestra, The voice is deep and resonant, delivering the lines with a theatrical intensity, The string arrangement provides a melancholic and suspenseful backdrop, with sustained chords and occasional swells that emphasize the emotional weight of the narration, The tempo is slow and deliberate, allowing the spoken words to take center stage, There are no discernible chord progressions in the traditional sense, as the strings primarily provide atmospheric harmony rather than a driving rhythmic or melodic structure, The production is clean, with the voice prominent in the mix and the strings providing a rich, enveloping soundscape, There are no percussive elements or other instruments, The piece maintains a consistent mood of somber reflection and dramatic pronouncement throughout

PART I: L'AMOUR GELE - LOUISE ET ADRIEN
A dramatic spoken word piece with a male voice, accompanied by a string orchestra, The voice is deep and resonant, delivering the lines with a theatrical intensity, The string arrangement provides a melancholic and suspenseful backdrop, with sustained chords and occasional swells that emphasize the emotional weight of the narration, The tempo is slow and deliberate, allowing the spoken words to take center stage, There are no discernible chord progressions in the traditional sense, as the strings primarily provide atmospheric harmony rather than a driving rhythmic or melodic structure, The production is clean, with the voice prominent in the mix and the strings providing a rich, enveloping soundscape, There are no percussive elements or other instruments, The piece maintains a consistent mood of somber reflection and dramatic pronouncement throughout
Lyrics
J’me réveille dans c’te piaule qui schlingue, une vieille clope écrasée dans l’cendrier.
Louise, elle est là, plantée comme une statue, les yeux dans l’vide, à moitié fondue.
On s’est chopés un soir où ça pétait des flammes, une engueulade qui nous a fait vriller.
Mariés sur un coup d’tête, comme des cons, sans réfléchir.
Mais dans nos cœurs, y’a un lac qui s’fige, une croûte de glace fine, froide, qui cache une eau noire, sans vie.
Le matin, on bouffe en silence, la cuillère râpe le bol, un bruit qui t’fout les nerfs.
Dehors, la pluie tape, un rappel des promesses que j’ai pas tenues, des soleils que j’lui ai vendus.
J’voulais l’emmener loin, dans des contrées où l’ciel brûle la peau.
Mais j’lui ai filé qu’un deux-pièces pourri, où ses rêves crèvent comme un néon en rade.
Le lac, il gèle plus, les bords durcissent, et nos espoirs s’noient là-dessous, muets, complices d’leur propre chute.
Nuit après nuit, on s’jette dans l’lit, deux corps raides, sans chaleur, comme des gisants.
Son parfum, il s’efface, un vague souvenir d’avant, quand on riait encore.
J’veux tendre la main, la toucher, mais mes doigts s’pétrifient, gelés par c’te distance.
Elle marmonne "ça va aller", mais c’est du vent, un mensonge qu’on s’raconte.
Un cancer nous bouffe, discret, vicelard, et le lac s’endurcit, des fissures comme des cicatrices sur une peau morte.
La téloche hurle ses conneries, des rires en boîte qui nous crachent à la gueule.
On l’laisse allumée pour pas s’entendre crever, pour pas voir l’vide qu’on traîne.
J’rêve à c’qu’on aurait pu être, un gamin, une vie, un futur qui cogne.
Mais y’a rien, juste un mur d’usure, et Louise qui mate la fenêtre, cherchant une sortie qui existe pas.
Le lac, il est figé maintenant, pas une vague, pas un souffle, juste une plaque froide qui m’cloue.
Les mots, ils restent bloqués, des cailloux dans ma gorge, lourds, glacés.
Elle murmure "Adrien, dis quelque chose", mais j’suis qu’un mort qui s’trimballe.
On s’aime encore, ou c’est juste l’habitude, cette crasse qui nous colle à la peau ?
Le lac, il est dur, une dalle sans pitié, les poissons crevés, les algues pourries.
Pas d’printemps pour nous, pas d’feu pour faire fondre c’te merde, juste un hiver qui nous bouffe, qui nous gagne.
Un soir, elle s’plante devant moi, ses yeux plantés dans les miens, sombres, pleins d’froid.
"Casse-toi, Adrien, ou c’est moi qui m’tire."
Mais on reste là, figés, deux ombres dans c’te piaule gelée, sans bouger.
Le lac craque un peu, juste pour nous narguer, avant d’se refermer, plus dur, plus cruel.
On est foutus, piégés dans c’te glace immonde, sans un cri, sans un espoir, sans rien qui répond.
On crèvera comme ça, lentement, sans issue, noyés dans ce lac gelé, où tout s’éteint, où tout s’tue.
