
Le bateau ivre
A 8mn lenght track Deep 909 bass, hypnotic pulsing kick , metallic timbales, glitch textures, monk vocals, ritual techno energy. African drums 808s timbales claves djembe tribal, Roland TR-909, Roland 1000, FX effects, pulsating kick rolling toms, hand drums

Le bateau ivre
A 8mn lenght track Deep 909 bass, hypnotic pulsing kick , metallic timbales, glitch textures, monk vocals, ritual techno energy. African drums 808s timbales claves djembe tribal, Roland TR-909, Roland 1000, FX effects, pulsating kick rolling toms, hand drums
Lyrics
Prechorus : Leader
Le Bateau ivre, Rimbaud Arthur!
-Comme je descendais
des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus
guidé par les Haleurs,
Des peaux rouges cri-ards
les avaient pris pour cibles,
Les ayant clou-és nus aux
poteaux de couleurs.
Verse
J'étais insouci-eux de
tous les équipages,
Porteur de blés flamands
ou de cotons anglais.
Quand avec mes Haleurs
ont fini ces tapages,
Les Fleuves m'ont laissé descendre
où je voulais.
FADE IN
Dans les clapotements furieux
des marées,
Moi, l'autre hiver, plus sourd
que les cerveaux d'enfants,
Je courus !
Et les Péninsules démarrées
N'ont pas subi tohu-bohus
plus triomphants.
La tempête a béni
mes éveils maritimes.
Plus léger qu'un bouchon
j'ai dansé sur les flots
Qu'on appelle rouleurs
éternels de victimes,
Dix nuits, sans regretter
l'œil niais des falots !
Plus douce qu'aux enfants
la chair des pommes sures,
L'eau verte pénétra ma
coque de sapin
Et des taches de vins bleus
et des vomissures
Me lava, dispersant
gouvernail et grappin.
Breakdown
Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème
De la Mer, infusé d'astres et lactescent,
Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blême
Et ravie, un noyé pensif parfois descen
Où, teignant tout à coup les bleuités, délires
Et rythmes lents sous les rutilements du jour,
Plus fortes que l'alcool, plus vastes que nos lyres,
Fermentent les rousseurs amères de l'amour !
Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes
Et les ressacs et les courants: je sais le soir,
L'Aube exaltée ainsi qu'un peuple de colombes,
Et j'ai vu quelquefois ce que l'homme a cru voir !
J'ai vu le soleil bas, taché d'horreurs mystiques,
Illuminant de longs figements violets,
Pareils à des acteurs de drames très antiques,
Les flots roulant au loin leurs frissons de volets !
J'ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies,
Baiser montant aux yeux des mers avec lenteurs,
La circulation des sèves inouïes,
Bridge : Chorus
Et l'éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs !
J'ai suivi, des mois pleins, pareille aux vacheries
Hystériques, la houle à l'assaut des récifs,
Sans songer que les pieds lumineux des Maries
Pussent forcer le mufle aux Océans poussifs !
BRIDG
J'ai heurté, savez-vous, d'incroyables Florides
Mêlant aux fleurs des yeux de panthères à peaux
D'hommes ! Des arcs-en-ciel tendus comme des brides
Sous l'horizon des mers, à de glauques troupeaux !
J'ai vu fermenter les marais énormes, nasses
Où pourrit dans les joncs tout un Léviathan !
Des écroulements d'eaux au milieu des bonaces,
Et les lointains vers les gouffres cataractant !
Glaciers, soleils d'argent, flots nacreux, cieux de braises !
Échouages hideux au fond des golfes bruns
Où les serpents géants dévorés des punaises
Choient, des arbres tordus,
avec de noirs parfums !
J'aurais voulu montrer aux enfants
ces dorades
Du flot bleu, ces poissons d'or, ces poissons chantants.
- Des écumes de fleurs
ont bercé mes dérades
Et d'ineffables vents
m'ont ailé par instants.
Bridge
Parfois, martyr lassé des pôles et des zones,
La mer dont le sanglot faisait mon roulis doux
Montait vers moi ses fleurs d'ombre
aux ventouses jaunes
Et je restais,!
ainsi qu'une femme à genoux...
Presque île, ballottant sur mes bords les querelles
Et les fientes d'oiseaux clabaudeurs aux yeux blonds.
je voguais, lorsqu'à travers
mes liens frêles
Des noyés descendaient
dormir, à reculons !
Or moi, bateau perdu sous
les cheveux des anses,
Jeté par l'ouragan dans
l'éther sans oiseau,
Moi dont les Monitors et
les voiliers des Hanses
N'auraient pas repêché
la carcasse ivre d'eau ;
Libre, fumant, monté
de brumes violettes,
Moi qui trouais le ciel
rougeoyant comme un mur
Breakdown
Qui porte, confiture
exquise aux bons poètes,
Des lichens de soleil et
des morves d'azur ;
Qui courais, taché
de lunules électriques,
Planche folle, escorté
des hippocampes noirs,
Quand les juillets faisaient
crouler à coups de triques
Les cieux ultramarins
aux ardents entonnoirs ;
Moi qui tremblais, sentant
geindre à cinquante lieues
Le rut des Béhémots et
les Maelstroms épais,
Fileur éternel des
immobilités bleues,
Je regrette l'Europe aux
anciens parapets !
'ai vu des archipels sidéraux !
et des îles
Dont les cieux délirants
sont ouverts au vogueur:
- Est-ce en ces nuits sans
fonds que tu dors et t'exiles,
Million d'oiseaux d'or,
ô future Vigueur?
Mais, vrai, j'ai trop pleuré !
Les Aubes sont navrantes.
Toute lune est atroce
et tout soleil amer :
L'âcre amour m'a gonflé
de torpeurs enivrantes.
Ô que ma quille éclate !
Ô que j'aille à la mer !
Fade out
-Si je désire
une eau d'Europe, c'est la flache
Noire et froide où
vers le crépuscule embaumé
Un enfant accroupi
plein de tristesses, lâche
Un bateau frêle comme
un papillon de mai.
Outro
Je ne puis plus, baigné de vos langueurs,
ô lames,
Enlever leur sillage aux
porteurs de cotons,
Ni traverser l'orgueil des drapeaux
et des flammes,
Ni nager sous les yeux
horribles des pontons.
END
