MusicMint AI Music Generator Logo
MusicMint

L'enfer des institutions

Unknown

arifepamuk·5:34

Lyrics

Quand on m’a placée en institution, j’ai cru, l’espace d’un instant, que j’échapperais enfin à cette vie. Mais l’institution, avec ses murs froids et ses règles sévères, n’était rien d’autre qu’une prison aux allures différentes. Le personnel était indifférent, les enfants autour de moi étaient lourdement handicapés, et je ressentais constamment le poids du regard des autres. J’étais "comme eux", aux yeux du monde, marquée par cette étiquette d’incapacité qui me suivait partout.

Je me sentais terriblement seule. Dans cette nouvelle prison, il ne me restait que mes pensées et mes rêves. Parfois, je me permettais de rêver d’un monde où la liberté existait, d’un endroit où je pourrais être moi-même, loin de cette douleur omniprésente, loin de la violence et de l’isolement. Ces rêves étaient tout ce que j’avais pour m’échapper, un instant, de cette vie qui n’était pas celle que j’avais choisie.

c’était un centre pour handicapés situé dans le même immeuble. Les services de protection de l'enfance ont pris les choses très au sérieux, et chaque année, je voyais un juge qui suivait mon cas. Mais être placée dans cette institution n’a pas apporté le soulagement que j’avais espéré. Au contraire, cela a marqué le début d’un nouvel enfer.

Dès le début, j’ai compris que cet endroit n’était pas fait pour moi. J'étais entourée d’enfants atteints de handicaps mentaux, des enfants avec qui je ne pouvais pas me lier d’amitié. J’avais besoin de contacts intellectuellement stimulants, mais au lieu de cela, je me retrouvais isolée dans un environnement où personne ne pouvait comprendre ce que je vivais. Les éducateurs, loin d’être des figures de soutien, étaient souvent méchants et moqueurs, ajoutant à mon sentiment d’être piégée dans un cauchemar.

Chaque jour dans cette institution était un enfer. J'ai vu des choses inimaginables, des scènes de violence et de dégradation qui auraient été choquantes même dans un service psychiatrique. Des enfants se frappaient violemment, certains se souillaient eux-mêmes, et les cris étaient constants, de jour comme de nuit. Une fille déchirait ses vêtements, se mettait à nu devant tout le monde, tandis qu'une autre se frappait, s’arrachait les cheveux, et mangeait ses excréments. J’avais 13 ans, l’âge où j'aurais dû commencer à découvrir la vie, mais au lieu de cela, j'étais plongée dans cet enfer où la dignité humaine semblait avoir disparu.

Pendant trois ans, j’ai supporté cette horreur. J’observais, en espérant qu’un jour, mon assistante sociale qui me suivait dans ce centre me trouve un autre milieu, mais en fait, elle me mentait parce qu’elle savait très bien qu’il n’y avait pas d’autres endroits où me placer. On me donnait des faux espoirs et plus le temps passait, plus je réalisais qu'il n’y avait rien de concret.

Finalement, j'en ai eu assez. J’ai pris une décision radicale : je ne serais plus cette enfant gentille et obéissante qui ne faisait jamais de bêtises. J’ai décidé de rendre la vie des éducateurs impossible. Chaque jour, je faisais des bêtises, je m’enfermais dans ma chambre, je me mutilais jusqu'à ce que le sang coule, je fuguais aussi souvent que possible, et je faisais des grèves de la faim. J’étais déterminée à faire comprendre à ce système que je ne pouvais plus vivre ainsi.

Mais plus je faisais, plus je réalisais que rien ne changeait. Alors, j’ai durci ma révolte. J'ai fugué tous les jours, je me mutilais quotidiennement, et quand ils ont verrouillé ma porte pour m'empêcher de m’enfermer, j'allais dans la chambre d’en face pour m’y enfermer. Les éducateurs ne savaient plus quoi faire de moi. Ils avaient l’impression que j’étais incontrôlable, et c’était exactement ce que je voulais qu’ils pensent.

L’adolescence est devenue pour moi une période de rébellion, un acte de survie. Fuir l’institution était ma seule échappatoire, même si je savais que je serais ramenée à chaque fois. Chaque fugue était une bouffée d’air, une pause dans ce cauchemar. Peu importait que je sois retrouvée, ramenée de force là où je me sentais prisonnière ; ces moments de liberté volée étaient essentiels pour moi. Ils me rappelaient qu’un autre monde existait, même si je ne pouvais que l’apercevoir à distance.

Chaque "bêtise" que je faisais était un cri de désespoir. Je ne voulais pas mourir, mais parfois, la mort semblait être la seule issue envisageable pour échapper à cette souffrance. Pourtant, je continuais à me battre, même lorsque tout espoir semblait perdu. C’est dans cette rébellion contre mon destin que j’ai commencé à entrevoir une lumière, une petite flamme d’espoir. Chaque acte de défi, chaque tentative de fuite, était une manière de dire au monde que je voulais plus, que je méritais plus.

Ma quête de liberté, aussi brève et imparfaite soit-elle, est devenue une lueur, une promesse que quelque part, un avenir différent pouvait m’attendre.

Like this song? Create something similar