
Esclave de la prose
Dark French industrial rap performance. Aggressive and hypnotic male voice, rhythmic spoken flow with poetic intensity. Heavy distorted bass, mechanical drums, metallic textures, industrial noise layers and dark ambient pads. The beat should be slow to mid-tempo (around 80 BPM) with a mechanical pulse, glitch effects, and echoes of machinery and decay. The atmosphere must feel oppressive, raw, and cinematic — like a factory collapsing under its own rhythm. Style: dystopian, poetic, intense, visceral.

Esclave de la prose
Dark French industrial rap performance. Aggressive and hypnotic male voice, rhythmic spoken flow with poetic intensity. Heavy distorted bass, mechanical drums, metallic textures, industrial noise layers and dark ambient pads. The beat should be slow to mid-tempo (around 80 BPM) with a mechanical pulse, glitch effects, and echoes of machinery and decay. The atmosphere must feel oppressive, raw, and cinematic — like a factory collapsing under its own rhythm. Style: dystopian, poetic, intense, visceral.
Lyrics
Entre les feuilles mortes, d’un frémissement s’éteint
le chuchotement des trembles.
Laissant place au chant des prémices,
la venue de l’aurore.
Gercées sont les branches, des mille années
passées aux mains des effrois.
En cette forêt, où les troncs rongent le sol,
aux orbites creuses, où les sentiers de crânes
blanchissent les plaines.
Plaines… les mains pleines…
Pleines… de mots qui s’agglutinent comme des poux…
Cheveux de lentes, en grappes de petites gueules rapaces…
Ne plus penser… ne plus écrire.
Stopper toute prose, je m’interpose,
à l’inconfort, à l’indispose…
Pense gruau, pense poète, pense à graine, et panse pendu !
Elle se répand à mes dépens, sale absolu,
elle germe sur mes membres à mesure de l’écriture.
Sous mes ongles, ça pousse et grouille en amas de lettres…
Famine de mes maux.
Elle se complaît la belle, poésie !
À me narguer de ses atours,
à fouiller de ses racines de tubercules dans ma tête ?
Me rassasier… me faire oublier mon appétit
et me faire miroiter le beau…
avec ses mots-tiroirs, ses mots magiques, ses mots faciles…
ses vers tout faits, ses vers pourris,
ses vers de souffles sur un silence,
ses vers de nuits de mes jours,
ses vers de feu et ses flammes,
ses vers de murmure du vent,
ses vers tuent… meurtrière passionnée des créations,
éradicatrice des muses et des Pygmalions.
Elle déclame en ardeur les mêmes litanies…
J’en veux plus de ses éléments, je hais ses tournures de potiches…
Esclave du rythme, de la sonorité qu’elle arbore…
Coule… colle…
Dégouline dans tous pores,
et suinte d’amour liquoreux,
suinte de mélasse rose,
d’émotions gluantes, sirupeuses liant la langue
au palais du déplaisir…
Des vanités sucrées,
de bons sentiments… arc-en-ciel…
Sentiments dévoyés, spoliés,
des sirops en tonneaux…
Se déversant en glycérine poisseuse
de déclarations glucosées
pour déglutir les émotions…
et forcer les sensations à l’écœurement.
Poésie, ne viens plus !
Ton miel acidulé…
en ces lieux de débauche mentale !
Où la rime trime comme une rate
de soiffard ! Où le vers vomit !
Où la prose dégueule son rance
à ta petite face, Poésie !
Tire la tête, tire la vie, tire la mort, à tue-tête !
Tu me retires mes mots en non-dits sous-jacents !
Ah ! Tu te crois badine, Poésie !
À réciter tout ce charabia
de romantiques — que dis-je ! de symbolistes !
Ton suave mal-être, pas de ça ici !
Dans l’antre d’un tout viscéral,
où les mots arrachent ta bouche,
détachent tes dents, crassent ta gorge,
encrassent tes lèvres et cousent ta parole !
Ferme ton clapet, ma douce poésie !
Et tu m’obliges, tu me tires les vers du nez…
et je glisse des mots en esse, des mots en isse,
toutes ces tonalités qui se bercent entre elles…
à jamais prisonnier de ta prosodie,
de ses répétitions, allitérations,
assonances,
de ce tout s’enlaçant sur le sens, s’insinuant
en finesse sur les ondes, en caresses, tu t’immisces…
J’en frissonne de subir ses assauts et je ne peux résister
à ces sons si sensuels, ces accents si succincts
se succédant en cascades et s’entrechoquant en résonance
et substance… Stop !
Ça ne s’arrête jamais… soumis à ta volonté…
Laisse-moi aller…
dans les mondes de l’abstrait,
du déstructuré,
de l’inaudible…
où ça accroche…
où la phrase arrache les yeux…
au lieu de les faire briller.
Une plume en papier de vers,
une page d’émeri…
Tu me perds, poésie…
Ou alors… je me perds dans moi-même.
Obsession, maelström,
pensée tournoyante,
chercheur de sens,
pourvoyeuse de liberté,
cage de prison,
geôle lyrique !
Caractère d’impératrice,
soumise à ton vouloir,
dévore… dévore… dévore…
Carnassière…
Encore et encore…
À jamais agrippé…
La peur que tout soit fade…
Que l’amour n’existe plus…
Cette impression… que je ne peux plus aimer sans toi…
Poésie
