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Clou éternel

Unknown

Sᵢ𝚝ₒ𝚍ᵢₑ·4:49

Lyrics

[Couplet 1]
Dans l’atelier gris du soir,
Une planche dormait sans histoire,
Encore neuve, sans marque, sans trou,
Libre comme une porte sans verrou
Sous la lampe, un clou la regardait,
Comme un secret qu’on n’ose nommer,
Il sentait battre dans ses fibres
Un appel doux… mais farouchement libre.

[Pré-refrain]
Il l’aimait… sans vouloir la prendre,
Sans jamais chercher à la fendre.

[Refrain]
Alors le clou a murmuré tout bas :
« Je t’aime… mais je ne te plante pas.
Je ne veux pas te voir soumise,
Ni assemblée de force… contre toi-même, promise. »
Car parfois aimer, c’est laisser intact
Ce qui pourrait se briser au contact,
Et préférer l’absence au poids
D’un lien qu’on impose malgré soi.

[Solo instrumental]

[Couplet 2]
Le marteau levait son bras de fer,
Ignorant la tendresse dans la matière.
Chaque coup résonnait comme un ordre,
Un destin qu’il refusait de mordre.
Alors le clou, dans un souffle discret,
A choisi de ne pas céder,
Et sous la frappe dure et froide,
Il s’est courbé… comme un cœur qui s’évade.

[Pré-refrain]
Il aurait pu entrer, s’imposer,
Mais l’amour ne sait pas forcer.

[Refrain]
Alors le clou a crié tout bas :
« Je t’aime… mais je ne te plante pas.
Je te veux libre, sans attache,
Même si ton absence m’arrache. »
Car parfois aimer, c’est renoncer
À ce qu’on rêvait de posséder,
Et se plier plutôt que d’entrer en elle,
Pour lui éviter une douleur éternelle.

[Pont]
Il s’est tordu sous chaque coup,
Comme un serment resté debout,
Refusant d’entrer dans sa matière,
De devenir blessure ou repère.
Et le marteau frappait encore,
Mais lui, pliait sans remords,
Car il savait qu'au cœur du bois,
L’amour forcé ne reste pas.

[Refrain final]
Et la planche, dans le silence,
A compris ce choix immense :
« Tu m’aimes assez pour me laisser,
Sans jamais chercher à me marquer. »
Et dans ses fibres intactes et claires
Vibre un amour resté sincère,
Celui d’un clou qui a choisi de plier
Pour qu’elle soit libre… et préservée.

[Outro]
Sur l’établi, tordu, laissé,
Le clou repose sans regret.
Car le plus grand des sacrifices
Est parfois un geste sans artifice.
...
Et la planche, toujours intacte,
Garde en elle un écho discret :
Celui d’un amour sans impact…
Mais qui n’a jamais cessé d’exister.

[Outro instrumental]

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