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Sollicitude I

Unknown

Eve’s Visionarium·5:24

Lyrics

intro male voice

Il y a des soirs où le monde retient son souffle, immobile,

comme si l’air lui-même hésitait, fragile,

avant de poursuivre sa course indocile.

Ce soir-là, je marchais sans but, docile,

laissant mes pas choisir pour moi,

comme si la nuit savait mieux que moi où guider ma foi.

instrumental

female voice

La ville n’était qu’un murmure, un soupir étiré,

entre les façades tièdes que le jour venait de quitter.

Je ne cherchais rien… pourtant, je sentais dans l’ombre étalée

qu’un signe m’attendait, discret, prêt à changer

la manière dont mes heures allaient désormais respirer.

instrumental

male voice

Je longeais une rue étroite, presque déserte,

où les lampadaires jetaient des halos, petites lunes offertes.

Une brise lente soulevait un journal oublié,

faisait tinter un panneau contre une porte fermée.

C’est étrange comme ces détails minuscules, en solitude,

peuvent devenir des montagnes, des certitudes.

instrumental

female voice

Chaque bruit, chaque ombre, chaque souffle, sans détour,

devenait une histoire prête à éclore au fil du parcours,

un monde qui s’ouvrait, immense,

si l’on acceptait d’en accueillir la cadence.

instrumental

male voice

Au bout de la rue, un banc m’attendait, banal,

de ceux qu’on croise sans y prêter un regard vital.

Mais ce soir-là, je m’y suis assis, sans peine,

non par fatigue, mais comme si une main humaine,

invisible, avait touché mon épaule doucement,

pour me souffler : « Reste un instant. »

instrumental

female voice

J’ai levé les yeux vers le ciel noyé de lumière,

où seules quelques étoiles luttaient, fières,

phare minuscule dans la nuit urbaine,

persistant à briller malgré l’horizon qui les freine.

Je me suis dit que c’était ça, la force tranquille :

tenir debout même quand tout vacille.

instrumental

male voice

Un souvenir alors a traversé ma mémoire,

doucement, comme un fil qui remonte dans le noir.

Une conversation ancienne, un rire qui danse,

une promesse perdue dans les plis du silence.

Je n’ai pas cherché à la retenir ni à la fuir ;

je l’ai laissée glisser, venir, puis repartir,

comme une vague qui caresse un rivage,

avant de s’effacer, sage.

instrumental

female voice

Le banc, la rue, le vent composaient un tableau vivant,

immobile en apparence, mais vibrant.

Je sentais la ville respirer sous ma peau,

dans les murs, dans les pas lointains, dans les carreaux

de ces fenêtres où quelqu’un, dans la lueur discrète,

lisait, rêvait, cuisinait… ou pleurait peut-être.

instrumental

male voice

Nous avançons serrés, mais si souvent séparés,

incapables parfois de sentir les vies entremêlées.

Pourtant, ce soir-là, je les percevais,

dans un calme lucide que je ne m’expliquais.

instrumental

female voice

Des silhouettes passaient au bout du trottoir,

ombres en transit, éclats d’histoires

qui ne touchaient pas la mienne, mais l’effleuraient quand même,

et ajoutaient quelque chose au silence suprême.

Un passant pressé,

une femme absorbée,

un cycliste qui sifflait dans la nuit égarée…

Puis le calme revenu, brutal, serré,

comme un livre refermé.

instrumental

male voice

Je me suis demandé combien de soirs j’avais traversés

sans prendre le temps de les regarder.

Combien de soleils couchés à toute vitesse,

combien de lumières, combien de tendresses

laissées filer au nom d’une urgence rêvée.

Peut-être que rien n’est plus urgent que de se rappeler

que l’on vit — ici, maintenant, en vérité.

instrumental

female voice

Alors j’ai inspiré profondément,

et le parfum nocturne, discret, enveloppant,

mélange de feuilles humides et de poussière brûlante,

se mêlait à une odeur de cuisine flottante.

J’ai senti que je m’apaisais lentement,

pas tout à fait… mais suffisamment

pour qu’en moi s’ouvre une clairière secrète,

où les pensées se posaient, douces, discrètes.

outro

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