
Sollicitude I
Unknown

Sollicitude I
Unknown
Lyrics
intro male voice
Il y a des soirs où le monde retient son souffle, immobile,
comme si l’air lui-même hésitait, fragile,
avant de poursuivre sa course indocile.
Ce soir-là, je marchais sans but, docile,
laissant mes pas choisir pour moi,
comme si la nuit savait mieux que moi où guider ma foi.
instrumental
female voice
La ville n’était qu’un murmure, un soupir étiré,
entre les façades tièdes que le jour venait de quitter.
Je ne cherchais rien… pourtant, je sentais dans l’ombre étalée
qu’un signe m’attendait, discret, prêt à changer
la manière dont mes heures allaient désormais respirer.
instrumental
male voice
Je longeais une rue étroite, presque déserte,
où les lampadaires jetaient des halos, petites lunes offertes.
Une brise lente soulevait un journal oublié,
faisait tinter un panneau contre une porte fermée.
C’est étrange comme ces détails minuscules, en solitude,
peuvent devenir des montagnes, des certitudes.
instrumental
female voice
Chaque bruit, chaque ombre, chaque souffle, sans détour,
devenait une histoire prête à éclore au fil du parcours,
un monde qui s’ouvrait, immense,
si l’on acceptait d’en accueillir la cadence.
instrumental
male voice
Au bout de la rue, un banc m’attendait, banal,
de ceux qu’on croise sans y prêter un regard vital.
Mais ce soir-là, je m’y suis assis, sans peine,
non par fatigue, mais comme si une main humaine,
invisible, avait touché mon épaule doucement,
pour me souffler : « Reste un instant. »
instrumental
female voice
J’ai levé les yeux vers le ciel noyé de lumière,
où seules quelques étoiles luttaient, fières,
phare minuscule dans la nuit urbaine,
persistant à briller malgré l’horizon qui les freine.
Je me suis dit que c’était ça, la force tranquille :
tenir debout même quand tout vacille.
instrumental
male voice
Un souvenir alors a traversé ma mémoire,
doucement, comme un fil qui remonte dans le noir.
Une conversation ancienne, un rire qui danse,
une promesse perdue dans les plis du silence.
Je n’ai pas cherché à la retenir ni à la fuir ;
je l’ai laissée glisser, venir, puis repartir,
comme une vague qui caresse un rivage,
avant de s’effacer, sage.
instrumental
female voice
Le banc, la rue, le vent composaient un tableau vivant,
immobile en apparence, mais vibrant.
Je sentais la ville respirer sous ma peau,
dans les murs, dans les pas lointains, dans les carreaux
de ces fenêtres où quelqu’un, dans la lueur discrète,
lisait, rêvait, cuisinait… ou pleurait peut-être.
instrumental
male voice
Nous avançons serrés, mais si souvent séparés,
incapables parfois de sentir les vies entremêlées.
Pourtant, ce soir-là, je les percevais,
dans un calme lucide que je ne m’expliquais.
instrumental
female voice
Des silhouettes passaient au bout du trottoir,
ombres en transit, éclats d’histoires
qui ne touchaient pas la mienne, mais l’effleuraient quand même,
et ajoutaient quelque chose au silence suprême.
Un passant pressé,
une femme absorbée,
un cycliste qui sifflait dans la nuit égarée…
Puis le calme revenu, brutal, serré,
comme un livre refermé.
instrumental
male voice
Je me suis demandé combien de soirs j’avais traversés
sans prendre le temps de les regarder.
Combien de soleils couchés à toute vitesse,
combien de lumières, combien de tendresses
laissées filer au nom d’une urgence rêvée.
Peut-être que rien n’est plus urgent que de se rappeler
que l’on vit — ici, maintenant, en vérité.
instrumental
female voice
Alors j’ai inspiré profondément,
et le parfum nocturne, discret, enveloppant,
mélange de feuilles humides et de poussière brûlante,
se mêlait à une odeur de cuisine flottante.
J’ai senti que je m’apaisais lentement,
pas tout à fait… mais suffisamment
pour qu’en moi s’ouvre une clairière secrète,
où les pensées se posaient, douces, discrètes.
outro
